
Éthique de l’alimentation animale et dilemmes associés
I. H. E. Kasanen1*, D.
B. Sørensen2, B. Forkman2 et
P. Sandøe2
Résumé
La façon dont les animaux sont nourris est un important aspect de leur bien-être. Non seulement l’alimentation fournit l’énergie et les nutriments indispensables à la survie, mais elle est également associée à plusieurs autres facteurs qui contribuent au bien-être des animaux. La méthode d’alimentation peut influer sur l’aptitude des animaux à satisfaire des besoins comportementaux fondamentaux comme la recherche de nourriture.
L’objectif du présent article est d’étudier et de réfléchir au dilemme de choisir entre l’alimentation à volonté (AV) et la restriction alimentaire (RA). L’AV peut produire des animaux obèses avec de graves problèmes de santé, même si elle semble être compatible avec les systèmes d’élevage propices au bien-être. D’un autre côté, si la RA est souvent associée à une meilleure santé physique et à la longévité, elle peut par contre susciter la faim chez les animaux, la frustration et l’agressivité. Les espèces qui font l’objet de cette étude sont des rats, des porcs et des volailles de laboratoire, des omnivores ayant de nombreuses caractéristiques communes au plan des habitudes alimentaires.
Les implications sur le bien-être de différentes méthodes d’alimentation dépendent de la définition que l’on donne à ce dernier. Basée sur une définition du bien-être en termes de «fonctionnement», la RA pourrait être considérée comme la meilleure façon de nourrir les animaux, puisqu’elle se traduit par une santé physique et une longévité améliorées. Si le bien-être est défini en termes de vie naturelle, il exige donc que l’animal soit en mesure de se livrer à des comportements naturels de quête de nourriture. Selon l’approche fondée sur les sentiments, la RA peut être jugée préférable seulement dans des circonstances où on s’attend à ce que les animaux vivent si longtemps qu’ils souffriraient des conséquences négatives à long terme de l’AV.
Certains sont d’avis qu’il faut des incitatifs pour que les fermiers investissent des ressources pour s’assurer que leurs animaux d’élevage puissent satisfaire leurs besoins de quête de nourriture. L’alimentation des animaux de laboratoire donne lieu à des dilemmes lorsqu’il faut les sous-alimenter ou les suralimenter à des fins expérimentales; dans de telles circonstances, on doit pouvoir s’adapter.
Source
Animal Welfare (2010) 19: 37-44
(1) National Laboratory Animal Centre,
University of Kuopio, PO Box 1627, FI-70211 Kuopio, Finland
(2) Faculty of Life Sciences, University
of Copenhagen, Denmark
* iiris.kasanen@uku.fi
English
Affiché en mai 2010 |