Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC

Nous avons des roues et nous voyagerons – Un abattoir mobile visite ses clients du Yukon

Par Julie Stauffer, Small Farm Canada

Le premier abattoir mobile canadien a pris la route l’automne dernier grâce au gouvernement du Yukon, qui l’a acheté et qui subventionnera ses activités au cours des cinq premières années. L’installation de 175 000 $ permet de transformer le porc, le bœuf, le wapiti et le bison d’élevage, le mouton et la chèvre.

Ce printemps, lorsque nous avons appelé l’exploitant Art Lock à Whitehorse, l’abattoir était installé sur son camion, prêt pour le premier projet de la saison.

Q : Quelle est l'idée derrière la décision de mettre un abattoir mobile en service?
R : Nous pouvons nous rendre à la ferme au lieu de déplacer les animaux, ce qui diminue le niveau de stress des animaux. Il s’agit simplement de se rendre sur les lieux et de faire le travail.

Q : Pouvez-vous le décrire?
R : Il mesure 32 pieds de long. Il est tout équipé : son propre groupe électrogène, une chambre froide, un plancher d'abattage, un local des installations mécaniques avec réservoirs d'eau et tous les appareils connexes nécessaires.

Q : Est-ce qu’il fonctionne bien?
R : Habituellement, il fonctionne assez bien. Il était censé être construit pour fonctionner de 25 à 30 degrés sous zéro, ce qui est le cas pour la moitié arrière, soit le plancher d'abattage et la chambre froide, mais pas pour la partie mécanique avant. Alors, mon eau gelait. Nous avons remplacé la pompe et avons amélioré l’isolation.

Q : Est-ce qu’il est fréquemment utilisé?
R : L’an dernier, on l’a utilisé sept fois. Nous l'avons reçu tard dans l'année, puis l’eau gelait et nous avions trop de difficulté à la faire dégeler et tout le reste.

Q : Quelle région géographique couvrez-vous?
R : Tout le Yukon, si quelqu’un veut payer pour le service. Habituellement, nous nous déplaçons dans un rayon d’environ 50 ou 60 milles de la ville. Il y a certains agriculteurs qui sont situés à 300 milles de la ville, mais en ce qui les concerne, le service leur coûterait beaucoup trop cher, à moins qu’ils aient suffisamment de travail à effectuer pendant une période de sept à dix jours, mais ce n’est pas leur cas.

Q : Quel prix demandez-vous aux agriculteurs?
R : Nous leur demandons de payer les coûts de déplacement. Puis, je crois que c’est 100 $ par animal pour le bœuf, 40 $ pour le porc et 120 $ pour le bison. S’ils sont âgés de plus de 30 mois, je leur demande de payer un prix supplémentaire puisqu’il y a beaucoup plus de travail à effectuer en raison de maladies, de la moelle épinière, et tout le reste.

Q : Quel genre de commentaires avez-vous reçus des agriculteurs?
R : Nous avons reçu de bons commentaires. Aucun d’entre eux n’est content du prix, mais peu importe où vous allez, si vous expédiez les animaux à l’extérieur, ça coûtera plus cher.

Q : Est-ce que l’idée derrière ceci était notamment d’augmenter la quantité de viande locale disponible au Yukon?
R : C’est exact. L’idée était peut-être de faire en sorte que les magasins commencent à l’acheter au lieu de s’en tenir aux ventes à la ferme. Cela ne s'est pas produit encore puisque personne à cet endroit n’a assez d’animaux pour approvisionner régulièrement un magasin. Les magasins ne veulent donc pas résilier leurs contrats avec leurs anciens fournisseurs. Il y a quelques boucheries qui achètent la viande et la placent simplement sur le comptoir.

Q : À votre avis, comment cela évoluera-t-il au cours des prochaines années?
R : Eh bien, je crois que notre volume d’affaires augmentera. En fait, j’en ai commandé un autre, simplement une remorque réfrigérée standard, puisque celui-ci permet d’en stocker seulement dix, et je l’utilise à pleine capacité; qu’est-ce que je fais avec ceux-ci? Parce qu’il n’y a pas d’espace réfrigéré ici.

Maintenant que nous l’avons reçu, les producteurs disent qu’ils veulent acquérir un plus grand nombre d’animaux. Mais il faudra quelques années avant qu’ils s’organisent pour pouvoir effectivement le faire.

Le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) désire remercier Small Farm Canada, qui a permis de reproduire le présent article sur notre site Web.

 

English

Affiché en octobre 2007

 

Haut de la page

© 2007, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)