
Études sur la pérennité de la production biologique chapeautées par
le CABC
Un des objectifs prépondérants consiste à traiter de
la question de la carence en phosphore dans les exploitations laitières
Jeffrey Carter, envoyé spécial, Ontario Farmer,
20 février 2007
La pérennité des pratiques agricoles biologiques constitue l'objectif
principal d'un projet de recherches pluriannuel coordonné par le Centre
d'agriculture biologique du Canada (CABC).
Le principal intervenant du projet, Ralph Martin, rappelle que
c'est en 2002 que ce projet a vu le jour et qu'il bénéficie d'une subvention
de 640 000 $ du Conseil en recherches en sciences naturelles
et en génie du Canada, de même que d'autres subventions complémentaires.
Les chercheurs continuent d'évaluer les résultats obtenus dans le cadre
de différentes recherches. Andy Hammermeister, Ph.D., un des nombreux
scientifiques à participer au projet, a discuté de ces recherches lors
de la récente conférence sur le secteur biologique organisée à Guelph,
en Ontario. Il a souligné que quelque 60 fermes, disséminées de l'Alberta
à la Nouvelle-Écosse, participent au projet, de même que plusieurs fermes
expérimentales.
Selon Andy Hammermeister, une des inquiétudes formulées par les
agriculteurs biologiques gravite autour de la disponibilité du phosphore
et de l'incidence des fourrages et du fumier sur le maintien de la santé
des sols : « Est-il possible de maintenir le phosphore dans
les sols sous régie biologique? Voilà toute la question », explique-t-il.
Une étude réalisée auprès de producteurs laitiers (une petite proportion
des fermes enrôlées dans le projet global) a démontré que la carence en
phosphore est un problème réel et varie selon les cas. Les exploitations
où l'autosuffisance alimentaire pour les animaux constitue un objectif
ont tendance à afficher une perte nette en phosphore dans le sol moins
importante au fil du temps, explique Andy Hammermeister.
Dans le cadre d'une autre étude réalisée au Centre de recherche de longue
durée Glenlea, au Manitoba, on a découvert qu'il existe une corrélation
entre les niveaux de phosphore du sol et l'activité des champignons présents
dans le sol. À mesure que les niveaux de phosphore dans le sol diminuent,
un certain groupe de champignons devient plus actif, ce qui laisse croire
que la faune microbienne du sol cherche à compenser la disponibilité réduite
de phosphore.
Autre sujet de recherche d'importance : comparer la susceptibilité
à l'érosion du sol sous régie conventionnelle et biologique. S'il est
vrai que les systèmes biologiques ont fait l'objet de nombreuses critiques
à cet égard, peu de recherches ont été réalisées au Canada en vue d'étayer
cette thèse.
Afin de faire des comparaisons, des études sur les rotations ont été
examinées, et 225 agriculteurs biologiques et conventionnels dans
sept provinces ont répondu à un sondage.
On a ainsi découvert que, même si les agriculteurs biologiques ont tendance
à travailler le sol plus intensivement, ils incluent également davantage
de cultures vivaces dans leurs rotations. Les cultures vivaces favorisent
une meilleure stabilité des particules de sol et ce, tant sous régie conventionnelle
que biologique. Selon cette étude, si l'on tient compte de l'ensemble
des facteurs, la régie biologique n'entraîne pas forcément un plus haut
risque d'érosion du sol.
La comparaison de la disponibilité des éléments nutritifs du sol dans
différentes rotations et selon différents modes d'amendement de sol constitue
également un autre sujet d'étude important. Les rotations étudiées incluent
les pommes de terre plantées tous les quatre ans dans le cadre de
différentes combinaisons comprenant du blé, de l'orge et des fourrages.
Les amendements de sol utilisés incluent le fumier avicole composté, le
fumier de bovins composté et la farine de luzerne.
L'étude sur les rotations a permis de démontrer que c'est la combinaison
de fumier de bovins composté et de fourrages en rotation qui a produit
la plus grande quantité de tubercules. Une autre conclusion tirée de cette
étude a trait au type de compost disponible. « Il faut être sélectif
et choisir judicieusement les végétaux que l'on va faire pousser »,
explique Andy Hammermeister.
Les autres études examinées portaient, entre autres, sur : l'évaluation
des techniques biologiques, y compris le recours aux insecticides microbiens
Bt destinés à lutter contre le doryphore de la pomme de terre, l'évaluation
des cultures intercalaires (pratique consistant à planter plusieurs variétés
de céréales ensemble, plutôt qu'une seule), l'analyse des taux de semis,
l'évaluation de la vapeur chaude, de la flamme et de l'infrarouge comme
méthodes de désherbage et l'évaluation de l'efficacité du paillis de luzerne
dans les cultures de blé.
L'agriculture biologique demeure marginale au Canada, mais constitue
l'un des secteurs dont la croissance est la plus rapide au pays, soit
25 % par année.
Pour en savoir davantage sur ces recherches, consulter les autres
sections du site Web du CABC.
© Copyright 2007, Ontario Farmer
Le Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) remercie Ontario
Farmer pour l'autorisation de reproduire cet article sur son site
Web.
Publication : mai 2007
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