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Le bien-être des animaux devient une question de toute première importance pour l’agriculture

Par Jane Morrigan, M.Sc., P.Ag.

« Le bien-être des animaux n’est plus considéré comme une question sentimentale » a été une opinion exprimée par plusieurs orateurs internationaux à la conférence « Soins et bien-être des animaux de ferme » du National Farm Animal Care Council (NFACC), qui s’est tenue à Ottawa récemment.

John Webster de la Bristol University a conseillé aux producteurs biologiques de promouvoir leurs normes rigoureuses de bien-être des animaux et de les respecter. Comme presque tous les orateurs, il a évoqué l’importance de poursuivre la recherche sur le bien-être des animaux. Il a fait rapport sur des recherches effectuées récemment dans le cadre du « Projet sur la qualité du bien-être » de l’UE. Certains des membres de l’auditoire ont été surpris d’apprendre que la certification par la SRCPA des troupeaux laitiers ne garantit pas un plus grand bien-être que celui des troupeaux conventionnels. Les autres études ont conclu que les perchoirs sont nécessaires pour les poules pondeuses et que la boiterie chez les vaches laitières survient à un taux plus élevé encore que chez les poules pondeuses élevées en batterie. Le Dr Webster a fait un exposé animé et instructif au rythme rapide en soulignant que tous les animaux sont des êtres sensibles qui ont une capacité innée de souffrir. En outre, il soutient passionnément que pour pouvoir améliorer le bien-être des animaux, les agriculteurs doivent être récompensés par la société.

Les tendances actuelles en Europe ont été esquissées par Cornelius Rhein, agent législatif du bien-être des animaux de la Commission européenne. Il a dit que selon un sondage « Eurobaromètre » récent, 43 % des Européens se soucient du bien-être des animaux quand ils achètent des produits animaux et 51 % croient que la mention « respectueux du bien-être des animaux » sur l’étiquette est une indication du caractère plus sain des aliments. Les dernières initiatives européennes comprennent la prohibition du commerce de la fourrure de chien et de chat et l’établissement d’une densité de logement maximale de 30 kg par mètre carré pour les poulets à griller vivants.

Jean-Marc Bèche, un exploitant de ferme laitière, a expliqué que depuis la crise de l’ESB en France dans les années 1990, l’industrie laitière française a cherché à récupérer la confiance des consommateurs. M. Bèche a présenté des vidéos publicitaires mettant en scène des exploitants de ferme laitière français moyens qui parlent de leurs animaux et interagissent avec eux. La perception générale du public français est que la gestion joue un rôle important dans le bien-être des animaux de ferme et que, par conséquent, la « conditionnalité » est dans l’état d’esprit des consommateurs qui subventionnent le bien-être des animaux avec leurs impôts.

En ce qui concerne les développements au Canada, pour le moment, le NFACC a remplacé le défunt comité d’experts sur le bien-être des animaux de ferme du Conseil de recherches agro-alimentaires du Canada (CRAC), qui était auparavant chargé de rédiger les codes de pratique volontaires pour la production de bétail au Canada. On entreprendra la rédaction d’un nouveau code de pratique mis à jour pour les bovins laitiers avec le soutien des Producteurs laitiers du Canada et on espère que d’autres suivront au cours des quelques prochaines années.

Le Dr Terry Church, président de l’Alberta Farm Animal Care Association (AFAC), a parlé du travail impressionnant accompli par les quatre Farm Animal Care Councils existants dans tout le pays. Le FAC de l’Alberta, par exemple, offre aux agriculteurs et aux camionneurs une formation aux procédures d’urgence et à l’euthanasie à la ferme et un arbre de décision permettant de déterminer s’il faut expédier ou non un animal marginal. Leur tout dernier programme s’intitule « Mettre le bien-être des animaux au programme » et le Dr Church a dit que l’AFAC souhaitait financer la recherche et travailler tant avec les agriculteurs, les camionneurs et les usines d’emballage qu’avec les vétérinaires.

La vérification à la ferme de la conformité aux normes de bien-être des animaux a été une question importante à la conférence. Shelagh MacDonald, directrice de programme de la Fédération des sociétés canadiennes d'assistance aux animaux, croit qu’un processus de vérification obligatoire sera une « bonne utilisation des fonds publics » tandis que Catherine Scovil du Conseil canadien du porc croit que ce sont les programmes d’assurance de la qualité volontaires lancés par l’industrie qui fonctionneront le mieux.

Les restaurants McDonald’s du Canada étaient représentés par Terry Williams, qui a dit à l’assemblée : « Nous partageons vos préoccupations au sujet du bien-être des animaux ». Il a retracé les progrès de McDonald’s, qui a ouvert la voie aux autres détaillants dans l’établissement de conditions strictes imposées à ses fournisseurs en matière de bien-être des animaux, que ce soit pour le bœuf, le porc ou la volaille. Parmi les changements récents, mentionnons l’interdiction de l’utilisation d’antibiotiques pour la promotion de la croissance chez les poulets à griller. L’entreprise travaille également à introduire progressivement l’habitat collectif pour les truies pour remplacer les stalles de gestation.

Il y avait à la conférence beaucoup d’autres orateurs qui ont apporté différents points de vue et aperçus sur la question complexe des mesures particulières que le Canada devrait prendre dans les jours qui suivent pour améliorer le bien-être des animaux de ferme. On trouvera de plus amples informations et des copies des présentations effectuées à la conférence du NFACC en ligne à l’adresse http://www.nfacc.ca/Francais/News-Item.aspx?id=5.


Jane Morrigan, M.Sc., P.Ag., est coordonnatrice de site Web pour le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) et ancienne productrice de lait de Nouvelle-Écosse. Elle enseigne aussi le bien-être des animaux au Nova Scotia Agricultural College (NSAC) et recevra avec plaisir vos commentaires ou vos questions à l’adresse jmorrigan@nsac.ca ou au 902-893-7256.


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Affiché en mars 2008

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