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Agriculture soutenue par la communauté au Québec :
Le Vallon des Sources
Par Maggie Hope-Simpson
Le
Vallon des Sources, propriété de Michel Massuard et Monique
Laroche, est une magnifique ferme de 45 hectares qui s'étend sur
les flancs d'une vallée reculée située à Ripon,
au Québec, à la limite de l'Outaouais et des Laurentides.
On l'appelle « Le Vallon des sources » en raison des sources
claires qui jaillissent du sol argileux, à la base de la colline.
Michel et Monique ont acheté la ferme il y a 2 ans « pour
sa beauté et sa tranquillité. » En tant que producteurs
biologiques depuis plus de 20 ans, ils ont également constaté
que l'environnement bucolique où la ferme est située, ses
sols limoneux-sableux, sa maison, ses granges et autres bâtiments
en bon état et sa proximité des marchés en faisaient
l'endroit idéal pour la production végétale biologique.
Michel et Monique ont obtenu la certification complète de la ferme
par Garantie Bio en 2003. Pour atteindre leur objectif de gagner leur
vie à partir de la production végétale biologique
à petite échelle, ils ont adopté le mode de commercialisation
connu sous le nom d'« agriculture soutenue par la communauté
» (ASC). En termes plus simples, les ASC représentent un
partenariat entre producteurs agricoles et consommateurs. Les partenaires,
ou « actionnaires » achètent leur part au début
de la saison de culture, afin d'aider à prendre en charge les frais
de fonctionnement des fermes pour la saison qui vient. En retour, les
partenaires reçoivent une partie de la production de la ferme chaque
semaine, tout au long de la saison de culture. Le système d'ASC
se développe rapidement au Québec, en grande partie en raison
de la promotion et de la coordination fournies par Équiterre,
un organisme québécois voué au développement
durable des communautés. Le niveau de participation aux ASC au
Québec est passé de 1 ferme et de 25 familles partenaires
en 1995 à environ 70 fermes et de 4 500 familles partenaires en
2003.
Selon Michel, un des avantages des ASC est le niveau élevé
de satisfaction des partenaires. « Les partenaires sont très
heureux du service qu'ils obtiennent. Ils reçoivent une grande
diversité, plus de 50 variétés différentes,
de fruits et légumes biologiques certifiés frais et produits
localement, à un prix accessible. Les légumes sont extrêmement
frais - généralement cueillis le jour même. La saveur
et la qualité sont donc exceptionnelles. Le prix des produits se
rapproche de celui des aliments conventionnels. La plupart des partenaires
aiment le fait qu'ils ne connaissent pas la composition du panier avant
qu'il n'arrive « c'est une boîte à surprises! »
Ils aiment également découvrir de nouveaux légumes
qu'ils n'ont jamais essayés auparavant. » Il existe également
des raisons philosophiques de choisir l'ASC. « L'ASC fournit un
lien direct entre agriculteur et consommateur. Le lien n'existe pas seulement
au moment de la vente, mais commence quand on sème les légumes
et se poursuit tout au long de la saison. Pour nos partenaires, c'est
très important de savoir où et comment leur nourriture est
produite...» Michel croit également que le système
d'ASC fournit aux agriculteurs biologiques qui choisissent de ne pas adopter
un mode de production et de distribution à grande échelle
spécialisé en aliments biologiques une solution de rechange
viable : « L'ASC permet de pratiquer l'agriculture à une
échelle très humaine. Avec l'ASC, on peut vivre avec quatre
ou cinq hectares de légumes. Lorsqu'on devient plus gros que cela,
on s'éloigne trop de ses clients et de ses légumes. »
Cependant, la croissance de l'ASC rencontre certains défis. «
Un des plus grands défis est d'assurer la variété
- en termes de types de légumes et de jours nécessaires
à la maturité. Ces deux éléments sont essentiels
pour les paniers. Il est facile de faire pousser deux ou trois types de
légumes différents. La gestion des cultures et la récolte
sont beaucoup plus simples. Mais lorsqu'on cultive 30 ou 50 variétés
différentes, c'est beaucoup plus compliqué. Dans ce genre
d'entreprise, il pourrait être logique de collaborer avec d'autres
fermes, de sorte que chacune puisse se spécialiser dans certains
légumes. » L'autre défi est la quantité de
planification et d'organisation nécessaires pour assurer un approvisionnement
continu. « Il faut décider à l'avance des types et
quantités des légumes à fournir chaque semaine, et
composer des calendriers pour les semences et moissons. Ensuite, il faut
coordonner les livraisons. » Cette année, Michel prévoit
étendre son nombre de partenaires et son système de distribution
: « L'année dernière, nous avions 30 familles et seulement
un point de chute (lieu de livraison). Cette année, nous voudrions
avoir 150 familles, et quatre ou cinq points de chute dans différents
endroits qui ne sont pas trop loin pour nos partenaires. » Pour
Le Vallon des sources, la communication avec les partenaires (actuels
et éventuel) s'est avérée essentielle. Michel mentionne
qu'Internet (le courriel et le site Web de la ferme, http://www.vallondessources.com)
a été un outil utile de communication et de vente très
utile.
Avant de songer à adopte le système d'ASC, les producteurs
doivent se poser une question plus fondamentale : « Ai-je ce qu'il
faut pour réussir en agriculture biologique? » Michel suggère
que la première chose essentielle est de posséder une bonne
base de connaissances et d'expérience en agriculture biologique.
« Il faut connaître les conditions de croissance des légumes,
comment travailler le sol et maintenir la fertilité, et comment
utiliser les méthodes biologiques pour maîtriser les mauvaises
herbes, les parasites et les maladies... Il est également souvent
nécessaire de savoir faire de la mécanique, concevoir et
fabriquer les outils qui sont appropriés pour la taille de la production
et pour le type de travail. » Il ajoute que le sol et le climat
sont des facteurs supplémentaires sur lesquels on n'a aucun contrôle,
mais sont très importants pour la croissance des légumes.
« Le sol léger que nous avons ici réchauffe rapidement
et est très facile à travailler. En outre, parce que les
légumes poussent rapidement, ils sont très succulents et
leur saveur est merveilleuse. » Pour conclure, Michel affirme que
: « Ce type de production requiert une quantité énorme
de temps, d'énergie, et de travail. Il faut aimer ce que l'on fait,
avoir une véritable passion, pour que cela fonctionne ».
Maggie Hope-Simpson est consultante pour le Centre d'agriculture biologique
du Canada. Veuillez communiquer vos commentaires ou questions par téléphone
au 902-893-7256, ou par courriel au oacc@nsac.ca.
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