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Des producteurs manitobains créent une coopérative laitière biologique

Par Daniel Winters, The Western Producer

La première coopérative laitière biologique du Manitoba devrait ouvrir ses portes en novembre cette année. Susan et Larry Black ont commencé la transition de leur laiterie conventionnelle vers une exploitation certifiée il y a quatre mois.

« Nous n’aurons pas de lait de consommation certifié avant l’automne 2008 », précise Susan Black, qui ajoute que les plans relatifs au conditionnement, à la commercialisation et à la chaîne de distribution sont encore en cours d’élaboration.

À long terme, les Black préfèrent travailler avec des transformateurs situés dans la province, attachés à l’industrie locale, dit-elle.

Pour assurer un approvisionnement régulier en lait biologique, trois autres producteurs manitobains prévoient convertir leur exploitation en laiterie biologique.

« Nous en sommes très heureux. C’est une bonne occasion. Nous cherchons à maintenir un certain contrôle local sur la commercialisation, de sorte que les fermiers retirent une certaine valeur ajoutée le long de la chaîne », précise Susan Black.

La coopérative a reçu l’aide d’une coopérative ontarienne qui commerciale divers produits biologiques, notamment du lait, du beurre, du fromage et des œufs, sous la marque Organic Meadow. Le groupe ontarien expédiait en Colombie-Britannique le lait des producteurs situés dans la province. Au retour, il laissait ce qui restait au Manitoba.

« En fait, le lait voyageait trop et n’était pas frais », explique Susan Black. « Ils sont donc venus au Manitoba pour voir s’il n’était pas possible d’y créer une exploitation locale. »

C’est ainsi qu’est née Manitoba Organic Milk Co-op Ltd. La façon dont cette nouvelle entreprise va coordonner ses activités avec celles du groupe ontarien fait encore l’objet de discussions, poursuit Susan Black.

Comme toute la production de lait de la province, celle du lait biologique est gérée par Dairy Farmers of Manitoba, ce qui oblige les producteurs à acheter des quotas. Les quotas exigés pour traire une vache sont de l’ordre de 25 000 $.

« Pour quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce domaine, c’est très cher. »

Située sur une demi-coupe près de Deloraine (Manitoba), depuis 1978, la ferme de la famille Black, qui comprend aussi le fils, David et son amie, Ashley, loue des terres, ce qui donne un total d’un peu plus de 1 000 acres. La terre céréalière a été certifiée par Organic Producers of Manitoba (OPAM), en 1996. Les Black traient quelque 50 vaches Holstein, ce qui représente l’un des plus petits troupeaux de la province.

Au détail, le lait biologique se vend à peu près 3 $ le litre, précise Susan Black. C’est environ deux fois le prix moyen à la consommation en 2006 du lait ordinaire, qui est de 1,34 $ le litre à Winnipeg.

Après avoir exploité une laiterie conventionnelle pendant 23 ans, ils ont décidé de se convertir, en partie pour profiter des bénéfices plus élevés d’un créneau spécialisé et aussi pour concrétiser leur préférence de longue date pour la production biologique.

« Nous avons toujours été attirés par la production laitière biologique, mais il n’y avait pas de système distinct pour le lait », précise Susan Black.

« C’est un projet important que d’organiser le transport, la transformation, la commercialisation, la distribution et tout le reste. En plus, il nous a fallu apprendre de nouvelles techniques. »

Au début, la transition apparaissait énorme, mais les Black ont tenu bon, car pour eux, le jeu en valait la chandelle.

Le projet a reçu l’aide du ministère provincial de l’Agriculture, de l’OPAM et du groupe Dairy Farmers of Manitoba.

« La volonté politique est là. Pour Dairy Farmers of Manitoba, il s’agit d’un marché qu’il faut combler », dit-elle.

« Nous avons vraiment de la chance d’être appuyés par une telle volonté politique. »

Au début, les Black s’inquiétaient de l’aspect technique de l’élevage de bétail biologique et des conséquences de l’abandon de l’arsenal moderne des traitements à la disposition des producteurs conventionnels.

Mais par le recours à des stratégies homéopathiques et à des dispositifs mécaniques simples comme des gaines d'échappement installées dans les étables pour détourner et aspirer les mouches, ils ont vu qu’il était possible d’avoir des vaches en bonne santé.

« Nous avons obtenu d’excellents résultats. Nous avons cru que notre boîte d’outils serait vide alors qu’en fait, elle est pleine. Il existe de nombreux remèdes efficaces », indique Susan Black.

« Nous apprenons sans cesse, mais sommes heureux de voir que la transition se passe vraiment bien. »


Le CABC remercie le Western Producer de son autorisation d’afficher cet article.


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Affiché en septembre 2007

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