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Une vaste étude à la ferme confirme les recommandations concernant l’agriculture biologique

Par Roxanne Beavers et Brenda Frick

Le CABC (Centre d’agriculture biologique du Canada) et les agriculteurs biologiques de Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec, de l’Î.-P.-E. et de la Nouvelle-Écosse ont achevé récemment la plus vaste expérience à la ferme sur champ biologique jamais menée au Canada. Ils ont comparé les effets des taux d’ensemencement du blé de printemps dans 25 champs de fermes biologiques et dans des parcelles de recherche au Nova Scotia Agricultural College.

La hausse des taux d’ensemencement peut être utilisée pour compenser la carence de la germination ou quand la préparation des lits de semence a été difficile. Les manuels de production biologique recommandent souvent de semer le blé de printemps à un taux de 25 % plus élevé que celui qui est recommandé pour les agriculteurs conventionnels de la même région. Ceci peut accroître la compétition à l’égard des mauvaises herbes ou compenser les pertes entraînées par le sarclage après l’émergence. Avant cette étude, les effets de la hausse des taux d’ensemencement sur le rendement des cultures et sur les mauvaises herbes n’avaient pas été étudiés sur des fermes biologiques.

Un essai a été effectué au Nova Scotia Agricultural College. Les taux d’ensemencement comprenaient le taux habituel recommandé, une augmentation de 25 % (1,25X), une augmentation de 50 % (1,5X), et le double du taux habituel (2X). La moitié des parcelles ont été fertilisées avec du compost pour favoriser la croissance des mauvaises herbes.

Au cours des deux années de l’étude, les mauvaises herbes étaient d’autant plus petites et prélevaient d’autant moins d’azote que la parcelle était davantage ensemencée. Dans les parcelles fertilisées, l’utilisation de taux d’ensemencement accrus (1,5X ou 2X) réduisait la concurrence des mauvaises herbes. Dans les parcelles qui n’étaient pas fertilisées, le taux de 1,25X était tout aussi efficace pour la compétition contre les mauvaises herbes.

Plus les taux d’ensemencement étaient élevés, plus le couvert du blé était dense quand les tiges commençaient à s’étendre, et ceci réduisait la quantité de lumière qui atteignait les mauvaises herbes au-dessous. Les plants de blé arrivaient à maturité légèrement plus vite et atteignaient de plus grandes tailles aux taux d’ensemencement accrus. Ces facteurs donnaient au blé un avantage sur les mauvaises herbes, avec comme conséquence un meilleur rendement de culture. Aux taux d’ensemencement accrus, chaque plant de blé produisait moins de talles mais il y avait plus de plants et d’épis sur une surface donnée. La qualité du blé, déterminée entre autres par la teneur en protéines et le poids d’amandes, restait la même tandis que le poids spécifique augmentait avec le taux d’ensemencement.

L’expérience a également été effectuée dans tout le Canada par des agriculteurs intéressés et enthousiastes. Ces agriculteurs biologiques participants ont ensemencé des bandes de blé à quatre taux d’ensemencement différents. Cet essai à la ferme avait pour but d’étudier ce qui se passait vraiment dans le champ, compte tenu des pratiques de gestion et des conditions qui varient d’une ferme biologique à l’autre.

Les résultats à la ferme étaient semblables à ceux qui avaient été observés lors de l’essai sur parcelle. Après évaluation des essais de toutes les fermes biologiques, on a trouvé que les trois taux d’ensemencement les plus élevés produisaient des rendements semblables. L’utilisation d’un taux d’ensemencement de 1,25X a permis d’améliorer le rendement au moindre coût. On n’a pas observé de différences de teneur en protéines, de poids d’amandes ou de poids spécifique entre les différents taux d’ensemencement.

La biomasse des mauvaises herbes était plus faible dans l’ensemble pour les taux d’ensemencement les plus élevés, mais cette différence n’était pas statistiquement significative. L’accroissement des taux d’ensemencement ne réduisait pas la biomasse des mauvaises herbes à plusieurs des fermes de l’Ontario et du Québec, où il y avait beaucoup de mauvaises herbes graminées. L’effet du taux d’ensemencement était variable. Les résultats dans un champ donné dépendent de facteurs comme le choix des cultivars, les conditions environnementales et les types de mauvaise herbe présents.

Les chercheurs souhaitent étudier les approches que les agriculteurs biologiques ont utilisées pour voir si elles sont efficaces, pour déterminer comment elles fonctionnent et pour contribuer à améliorer les techniques lorsque c’est possible. Cette étude a révélé que l’utilisation d’un taux d’ensemencement de 25 % plus élevé que le taux habituel pour le blé de printemps biologique a permis d’accroître le rendement et de réduire la quantité de mauvaises herbes sur la plupart des sites, mais là où il y a beaucoup de mauvaises herbes, ce taux pourrait ne pas être assez élevé!


Roxanne Beavers a terminé récemment une M.Sc. (Agr) au Nova Scotia Agricultural College et est maintenant une experte-conseil pour le Centre d’agriculture biologique du Canada. Elle remercie les agriculteurs et les chercheurs de tout le Canada (en particulier Jennifer Bromm de SK et Wendy Asbil d’ON) de leur coopération. Veuillez envoyer vos commentaires ou vos questions par téléphone au 902-893-7256 ou par courriel à l’adresse oacc@nsac.ca.

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice des Prairies pour le CABC (le Centre d’agriculture biologique du Canada) au College of Agriculture de l’University of Saskatchewan. Elle aimerait recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel à l’adresse brenda.frick@usask.ca.



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Décembre 2006

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