
Comprendre votre rapport d’analyse du sol
par Desiree Jans, Ph.D.
L’analyse du sol peut s’avérer un outil très
utile pour les agriculteurs biologiques désireux d’évaluer
leurs techniques agronomiques. La version préliminaire 2005 des
normes nationales canadiennes pour les systèmes d’exploitation
biologique recommande d’analyser le sol tous les cinq ans. Mais
vous est-il déjà arrivé d’avoir du mal à
comprendre les résultats de cette analyse? Si c’est le cas,
vous n’êtes pas le seul ou la seule!
Ce que nous apprend un rapport d’analyse du sol :
1. La teneur en éléments nutritifs de l’échantillon
de sol analysé.
2. Un indice ou classement pour cette teneur en fonction de ce que l’on
a l’intention de cultiver (élevé, moyen, faible).
3. L’apport d’éléments nutritifs supplémentaires
requis pour répondre aux besoins de la culture prévue.
Une analyse de sol standard comprend :
Matière organique (MO) : Exprimée en termes
de pourcentage d’un échantillon de sol sec, la MO est essentielle
pour retenir les éléments nutritifs et l’humidité
dans le sol. Elle en stabilise la structure, nourrit et abrite les organismes
du sol. Les producteurs agricoles biologiques doivent tenter d’atteindre
au moins 4 % de MO et considérer des valeurs stables ou à
la hausse comme indicatrices d’une bonne gestion de leur sol.
pH : Mesure l’acidité du sol – un
pH inférieur à 7 indique que le sol est acide (sur); au-dessus
de 7, le milieu est alcalin (doux). La microfaune du sol ainsi que la
quantité disponible d’éléments nutritifs essentiels
sont influencées par son pH; la fourchette idéale se situe
généralement entre 6 et 6,5. Le rapport d’analyse
du sol inclut une recommandation d’amendement calcaire (t/ha) destiné
à élever le pH du sol à une valeur donnée
(généralement 6,5).
Phosphore (P) et potassium (K) : Quantité de
ces éléments nutritifs disponibles pour les végétaux
exprimée en ppm (parties par million) de P2O5 ou de K2O. P et K
sont indiqués comme oxydes ¬- P2O5 et K2O - parce que les engrais
phosphatés et potassiques sont vendus comme tels. Cependant, on
ne trouve généralement pas le P et K sous forme d’oxydes
dans le sol. Le classement indiqué pour chacun de ces éléments
nutritifs donne des indications sur le potentiel du sol à fournir
du phosphore et du potassium aux cultures pendant la saison de croissance.
Calcium (Ca) et magnésium (Mg) : Quantité
disponible de ces éléments nutritifs exprimée en
ppm. Il arrive qu’un indice soit donné.
Bore (B), cuivre (Cu), zinc (Zn), soufre (S), manganèse
(Mn) et fer (Fe) : Quantités disponibles de chacun de
ces éléments nutritifs exprimées en ppm. Un indice
est parfois donné si la culture indiquée est connue pour
avoir des besoins spéciaux en l’un ou l’autre de ces
nutriments.
Capacité d’échange cationique (CEC) :
Exprimée en mEq (milliéquivalents) par 100 grammes de sol.
La CEC mesure la capacité du sol à retenir les cations (atomes
d’éléments nutritifs chargés positivement)
comme Ca+2, Mg+2, K+ et NH4+. La glaise et la matière organique
sont chargées négativement. Les sols argileux et/ou riches
en matière organique ont une CEC élevée et donc un
potentiel de rétention de grandes quantités d’éléments
nutritifs.
Taux de saturation en bases : Une mesure du pourcentage
de la CEC totale adsorbée par les cations basiques, Ca, Mg, K et
sodium (Na). Idéalement, les niveaux de ces cations devraient être
équilibrés. Des taux excessifs de l’un peuvent entraver
l’assimilation d’un autre par les végétaux,
même si les indices d’analyse du sol montrent que chaque élément
nutritif est présent en quantité suffisante. Le rapport
idéal varie avec le type de sol, et on doit vérifier ce
point auprès du laboratoire local d’analyses de sol. L’ajout
d’éléments nutritifs dans le but d’atteindre
un rapport idéal n’est ni recommandé ni justifié
au plan économique, car vous risquez d’en ajouter plus qu’il
n’en faut pour avoir un effet sur les cultures. Toutefois, tenez
compte du taux de saturation en bases au moment de choisir des amendements
et essayez d’amener le sol à un état équilibré.
Les recommandations en matière d’application d’éléments
nutritifs sont fondées sur 1) les éléments nutritifs
extractibles de votre sol et 2) les effets prévus de l’apport
de nutriments additionnels sur le rendement des cultures. À un
certain point, l’effet sur le rendement d’un apport d’éléments
nutritifs ne couvre pas les coûts des amendements. Les recommandations
en matière d’éléments nutritifs tentent d’optimiser
le rendement économique.
Comme l’azote du sol (N) est très mobile, il ne fait pas
partie d’une analyse du sol standard. Les recommandations sur l’apport
de N partent du principe que la majeure partie de l’azote facilement
disponible s’est déplacée au-delà de la rhizosphère.
Souvenez-vous qu’un engrais vert de légumineuses apporte
de la N lentement assimilable au sol et diminue d’autant le besoin
d’un apport de N supplémentaire. Dans ses recommandations,
votre laboratoire devrait en tenir compte, si vous expliquez clairement
vos techniques agronomiques en soumettant votre échantillon. De
même, l’épandage de fumier doit être signalé
au laboratoire afin qu’il ajuste les niveaux suggérés
de N, P et K additionnels.
On effectue souvent l’analyse du sol à l’automne,
ce qui laisse amplement de temps pour planifier les amendements ou modifier
les rotations avant les semis de printemps. Toutefois, elle peut également
être faite au printemps. Pour bien évaluer vos méthodes
agronomiques, prélevez toujours vos échantillons à
la même époque. Dans un article à venir, j’aborderai
la question des amendements que les fermiers biologiques peuvent utiliser
en fonction des recommandations formulées après l’analyse
de leur sol.
Pour plus d’information sur les services d’analyse de sol
au Canada, consultez : http://www.certifiedorganic.bc.ca/rcbtoa/services/soil-testing-services.html
Desiree Jans, Ph.D, anime des cours en ligne pour le Centre d’agriculture
biologique du Canada (CABC). Pour des renseignements sur les cours du
CABC dispensés par Internet ou pour tout commentaire, communiquez
avec nous au 902-893-7256 ou à oacc@nsac.ca.
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