
Comparaison des régimes alimentaires biologiques et conventionnels
pour l’engraissement et la finition de porcs
R. G. Koehler
Southwest Research & Outreach Center, Université du Minnesota
Site Web : http://swroc.cfans.umn.edu/Bob/koehler_main_page.html
Courriel : koehl009@umn.edu
Résumé
La production de bétail est essentielle pour une ferme biologique
durable, mais l’adoption d’exploitations d’élevage
biologique, plus particulièrement celui du porc, ont été
à la remorque de la production de cultures biologiques aux États-Unis.
Les producteurs de porc qui ont manifesté un intérêt
envers les systèmes biologiques de production de porc sentent que
souvent, il y a insuffisamment de connaissances sur la santé, la
nutrition, et plus particulièrement, sur les coûts de production
des systèmes biologiques, qui leur permettraient de lancer une
exploitation certifiée biologique. À l’heure actuelle,
il n’existe pratiquement pas de données sur la production
et les repères économiques pour l’élevage biologique
de porc. Ce projet a été conçu comme point de départ
afin d’acquérir de tels renseignements au Minnesota. Le financement
provenait d’une subvention du programme SARE (Sustainable Agriculture
Research and Education) de recherche et d’éducation durables
en agriculture, du département de l’Agriculture des États-Unis,
versée aux producteurs. Warren Roberts, de la ferme Oak Creek,
à Deer Creek, au Minnesota, était le producteur qui a collaboré
à ce projet. Lors des essais, Warren a produit des cultures biologiques
certifiées et il a élevé des porcs non certifiés,
en utilisant des méthodes naturelles sans antibiotiques. En 2002,
Warren a placé dans l’étude 26 porcs à l’engrais
élevés à la ferme et, en 2003, un total de 26 porcs
ont été engraissés. Les poids initiaux étaient
de 45 à 65 livres. Chaque année, les porcs ont été
divisés en un groupe de porcs engraissés au moyen d’un
régime biologique et un autre groupe de porcs engraissés
de manière conventionnelle avec un régime de maïs et
de fèves soja. Ils étaient hébergés côte
à côte dans des enclos à l’extérieur,
aux planchers en ciment et avec un lit de paille dans l’aire de
couchage dotée d’un toit. La source d’aliments pour
animaux pour les régimes biologique et conventionnel était
l’installation de la Buckwheat Growers Association of Minnesota
(association des producteurs de sarrazin du Minnesota), à Wadena,
au Minnesota.
Cette comparaison à la ferme n’a examiné que la phase
de finition de la production. Chaque année, les deux régimes
ont été administrés et gérés en un
groupe avant le test. Le système de gestion antérieur au
test pourrait être qualifié de « naturel », en
ce sens que les porcs et leur mère ont été nourris
sans antibiotiques, ils ont été engraissés au moyen
de grains de ferme, qui provenaient d’une ferme qui produit des
cultures biologiques certifiées, mais quelques ingrédients
conventionnels ont été inclus dans ces régimes, et
les mères ont été traitées pour la gale des
animaux avec Ivomec avant le cochonnage. Le système de gestion
antérieur au test était probablement presque idéal,
car il ne compromettait pas les résultats de l’essai pour
l’un ou l’autre des régimes.
Les porcs nourris de manière conventionnelle ont reçu une
injection d’Ivomec pour les parasites externes et internes au début
des essais. Les porcs nourris de manière biologique ont reçu
de la terre diatomée dans leur régime pour le contrôle
des vers et ils n’ont pas été traités pour
la gale animale. Le régime conventionnel était composé
de maïs, de tourteau de soja et d’un prémélange
minéral commercial vitaminé avec lysine. Les régimes
conventionnels comprenaient également du sulfate cuivre et du BMD-30.
Les régimes biologiques étaient composés de maïs,
d’orge, de sarrazin commun, de pois, de graines de lin, de soja
grillé biologique et d’un produit minéral vitaminé
conçu pour la production biologique. L’intention était
que les régimes soient formulés avec des quantités
égales de protéines et de lysine entre les régimes
établis en fonction des valeurs nominales des aliments pour animaux
qui étaient utilisés.
Le rendement de ces deux régimes a été semblable.
En 2002, les porcs nourris au moyen du régime biologique ont enregistré
un gain de poids de 1,596 livre par jour et ils ont exigé 352 livres
d’aliments pour animaux provenant du Southwest Research & Outreach
Center, de l’Université du Minnesota, par 100 livres de gain
de poids, alors que les porcs nourris au moyen d’un régime
conventionnel ont gagné 1,568 livre par jour et ils ont exigé
357 livres de nourriture pour animaux par 100 livres de gain de poids.
En 2003, en commençant avec des porcs à engraisser légèrement
plus gros, la moyenne des gains de poids quotidiens a été
de 2,22 livres pour chacun des régimes. Les aliments pour animaux
consommés par 100 livres de gain de poids étaient de 285
livres pour le régime biologique et de 299 livres pour le régime
conventionnel.
En 2002, le coût des aliments pour animaux par 100 livres pour
les porcs au régime conventionnel était de 35,48 $/100 livres,
comparativement à 59,74 $/100 livres pour les porcs ayant un régime
biologique, soit un écart de 24,25 $/100 livres. En supposant ces
coûts des aliments pour animaux, une situation théorique
d’ajout de 200 livres de poids à un porc à l’engrais
et la commercialisation à 240 livres, le coût supplémentaire
de la nourriture pour animaux au cours de cette période d’alimentation
exigerait une prime de 20,21 $/100 livres pour les porcs au régime
biologique, afin d’obtenir le même rendement que celui du
régime conventionnel, en supposant que tous les autres coûts
étaient égaux.
En 2003, le coût de la nourriture pour animaux par 100 livres de
gain de poids pour le régime biologique était de 46,19 $,
et de 27,92 $ pour le traitement conventionnel. La nourriture conventionnelle
pour animaux à ce site du nord du Minnesota a été
facturée à 3,36 $ par boisseau de maïs et à
300 $ la tonne pour le tourteau de soja. Dans de nombreuses régions
de production considérable de maïs conventionnel, le coût
du maïs au cours de cette période était d’environ
2,00 $ à 2,25 $ le boisseau. Dans ces régions, l’écart
de coût aurait été considérablement plus grand.
Au cours des comparaisons de la phase d’engraissement et de finition,
l’écart de rendement entre ces deux régimes était
semblable. D’après ces résultats, il semble que les
producteurs qui évaluaient les coûts du système biologique
pouvaient supposer une croissance égale et une efficacité
des aliments pour animaux et comparer les options (et la prime nécessaire),
en fonction du coût, afin de formuler des régimes qui fournissent
une densité semblable de nutriants (protéines/lysine, calcium,
phosphore, etc.) pour les sources conventionnelles et biologiques qui
leur sont offertes. Outre l’écart des coûts de la phase
d’engraissement et de finition, un coût supplémentaire
pourrait être attribué aux porcs à l’engrais
selon le régime biologique, afin de tenir compte du coût
plus élevé des aliments pour animaux du troupeau d’élevage
nourri selon le régime biologique. Les budgets de la production
conventionnelle pour la production des porcs à l’engrais
(disponibles auprès de l’Université et d’autres
sources de l’industrie de l’alimentation animale) pourraient
être ajustés à la hausse selon l’augmentation
prévue du coût de la nourriture pour animaux du système
biologique.
Au sujet de l’auteur
Bob Koehler est un éducateur périscolaire et professeur
au Southwest Research & Outreach Center, de l’Université
du Minnesota, dans le Sud-Ouest du Minnesota. Il a obtenu un baccalauréat
et une maîtrise ès sciences, avec une majeure en science
animale. Outre ses 30 années en recherche / activités d’approche,
M. Koehler a œuvré au sein d’autres secteurs de l’industrie
du bétail, y compris la production et la commercialisation. Ses
travaux récents portaient sur les enjeux environnementaux dans
l’élevage du bétail et sur le positionnement des producteurs
en réaction aux changements intervenus au sein de l’industrie.
Tiré du compte rendu du premier congrès international sur
les animaux dans la production biologique de l’IFOAM (Fédération
internationale des mouvements d’agriculture biologique)
© IFOAM, août 2006, publié ici avec autorisation.
English version
Publié en décembre 2007
|