
Questions énergétiques et environnementales en agriculture biologique et classique
T. Gomiero1, M. G. Paoletti,1 and D. Pimentel2
Résumé
L’objectif de l’agriculture biologique est de maintenir la durabilité à long terme de l’agroécosystème dans son ensemble, de préserver et d’améliorer la qualité du sol, de réduire au minimum la consommation d’énergie et d’eau, de préserver la biodiversité, et de garantir des produits sains et de bonne qualité aux consommateurs.
Globalement, les impacts environnementaux de l’agriculture biologique sont, dans la plupart des cas, meilleurs ou bien meilleurs que ceux des pratiques agricoles classiques. Ces conclusions ont déjà été rapportées dans des travaux comme ceux de la FAO (2002), de Lotter (2003), de Kasperczyk et Knickel (2006), ainsi que dans des essais de suivi à long terme comme ceux de Reganold et coll. (1987), Paoletti et coll. (1993), Matson et coll. (1997), Drinkwater et coll. (1998), Mäder et coll. (2002), Pimentel et coll. (2005), Badgley et coll. (2007).
Cependant, il faut souligner que dans certains cas, les performances de l’agriculture biologique peuvent varier selon les espèces cultivées et les schémas de cultures, et en fonction du contexte environnemental où sont pratiquées les activités agricoles.
De la présente analyse documentaire, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :
- Efficacité et rendement énergétiques : l’agriculture biologique donne de bien meilleurs résultats que l’agriculture classique en matière d’efficacité énergétique (extrants/intrants). Généralement, cependant, la gestion classique des récoltes affiche la production énergétique nette la plus élevée par unité de terre cultivée (dans certains essais, les chiffres étaient comparables).
- Réduction du CO2 et GES : l'agriculture biologique constitue une solution importante au plan des puits de carbone et de la réduction des GES. Le sol a cependant ses limites en matière d’absorption du carbone. On doit donc chercher des solutions à long terme au plan des émissions de CO2 (nouvelles techniques et stratégies d’économie d’énergie) pour l’ensemble de la société.
Correctement gérée, l’agriculture biologique est une option intéressante pour réduire la consommation énergétique, les émissions de CO2 et des autres GES, ainsi que pour préserver la santé des sols et leur biodiversité. Il est essentiel de mener des essais d’envergure à long terme diversifiés au plan des cultures et des régions afin de comprendre le plein potentiel de l’agriculture biologique et d’améliorer les techniques agricoles en général.
Investir dans la recherche sur l’agriculture biologique contribuera aux connaissances et à l’expérience sur les pratiques exemplaires de gestion des agroécosystèmes. Même si la «certification biologique» ne peut être accordée à une exploitation qui a recours aux engrais de synthèse et ne serait-ce qu’à une faible quantité de pesticides chimiques, nous devrions reconnaître les bienfaits de la diminution de leur utilisation.
Source
Critical Reviews in
Plant Sciences (2008) 27: 239 — 254
(1) Lab. of Agroecology and Ethnobiology, Department of Biology, 35121
Padua University, Italy
(2) College of Agriculture and Life Sciences, Cornell University, Ithaca,
New York 14853, USA
English
Affiché en mai 2010
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