
Biodégradation des semences et tissus végétaux génétiquement modifiés dans le compostage
T. Reuter1, T. W. Alexander1,
W. Xu2,3, K. Stanford2 et
T. A. McAllister1*
Résumé
CONTEXTE : L’expansion constante du marché mondial des cultures génétiquement modifiées (GM) accroît le potentiel de contamination accidentelle des aliments et des aliments du bétail avec des plantes GM. Les méthodes proposées pour éliminer les résidus de culture doivent être évaluées afin de prévenir une distribution non délibérée de substances génétiquement modifiées. Indépendamment de l'emplacement, le compostage de substances biologiques est abordable. L’objectif de cette étude visait à déterminer l’efficacité du compostage dans l’élimination des plantes GM pour ce qui est de réduire la viabilité des semences et de promouvoir la dégradation de l’ADN endogène et transgénique.
RÉSULTATS : Des échantillons identiques de grains de maïs, de feuilles de luzerne et de semences de canola GM, de semoules et agglomérés ont été scellés dans des sacs de nylon poreux et implantés dans des tas de compost de fumier de parc d’engraissement de 85 000 kg (poids initial). Les échantillons ont été prélevés à intervalles après plus de 230 jours de compostage. Les semences de canola et les grains de maïs n’étaient pas viables après 14 jours de compostage, les tas étant soumis à des températures supérieures à 50° C. Dans tous les échantillons, des analyses de la PCR ont révélé que les fragments d’ADN végétal endogène et transgénique s’étaient essentiellement dégradés après 230 jours de compostage. Le transfert de Southern de l’ADN génomique isolé des semences de canola a relevé des différences dans la persistance de l’ADN endogène, transgénique et bactérien.
CONCLUSION : Le compostage de matériel végétal GM et non-GM de fumier a rendu les semences non viables et entraîné une dégradation importante, bien qu’incomplète, de l’ADN végétal endogène et transgénique. Cette étude montre que le compostage pourrait servir à éliminer de manière efficace les cultures GM en cas de dissémination accidentelle dans les chaînes alimentaires humaine et animale.
Source
Journal of the Science of Food and Agriculture (2010) 90: 650-657
(1) Agriculture and Agri-Food Canada, Lethbridge Research
Centre, P.O. Box 3000, Lethbridge, Alberta, T1J 4B1, Canada
(2) Alberta Agriculture and Rural Development, Agriculture Centre,
Lethbridge, Alberta, T1J 4V6, Canada
(3) Department of Bioscience and Biotechnology, Dalian University
of Technology, Dalian 116024, China
* tim.mcallister@agr.gc.ca
English
Affiché en mai 2010
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