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Accroître la recherche de nourriture chez les poules pondeuses en élevage biologique

Thèse de doctorat de Klaus Horsted
Department of Large Animal Sciences, The Royal Veterinary and Agricultural University and Department of Agroecology, Danish Institute of Agricultural Sciences

Résumé
Dans la présente thèse, on est parti de l’hypothèse que les poules sont capables de trouver et d’utiliser une quantité considérable d’aliments dans une aire donnée de recherche de nourriture, selon le type d’aliments complémentaires et de végétation à explorer qui leurs sont offerts.

Par conséquent, susciter davantage de recherche de nourriture chez les poules pondeuses biologiques pourrait être une façon d’augmenter l’utilisation des ressources locales dans les fermes de production d’oeufs biologiques. Cela pourrait accroître le recyclage des éléments nutritifs à l’intérieur de l’exploitation, faciliter la transition vers un approvisionnement alimentaire 100 % bio, et constituer un avantage économique pour les producteurs d’oeufs.

D’autre part, ceci pourrait entraîner une plus grande dispersion des volailles dans l’enclos à ciel ouvert et par le fait même être bénéfique pour le bien-être des poules et réduire le risque de lessivage des nutriments dans les environs du poulailler. Dans ce contexte, le principal objectif de la présente étude a été d’établir de meilleures données sur le potentiel d’utilisation de la recherche de nourriture chez les poules pondeuses dans un système d’élevage permettant cette recherche.

De façon plus spécifique, les buts étaient les suivants : évaluer l’ingestion d’herbe de l’enclos à ciel ouvert, déterminer le choix des matières explorées par rapport à la restriction en éléments nutritifs contenus dans les aliments complémentaires, estimer la contribution possible de la recherche de nourriture dans la satisfaction des besoins nutritionnels des volailles et suggérer l’implantation de systèmes fondés sur la recherche de nourriture.

Pour cette étude, les expériences ont porté sur la productivité et le bien-être dans un système basé sur la recherche de nourriture, sur la qualité des oeufs, sur l’estimation de l’ingestion de nourriture au cours des activités de recherche, et sur la sélectivité des poules quant aux aliments recherchés. Ces questions ont été traitées en fonction de différentes cultures fourragères et de deux types d’aliments complémentaires (alimentation complète pour poules pondeuses vs blé entier et coquilles d’huîtres broyées).

Trois schémas expérimentaux ont été mis sur pied pour cette étude. En 2004, deux expériences de courte durée (de 23 jours chacun) sur 12 troupeaux de 20 poules et un coq ont été menées. Les cultures fourragères étaient constituées de herbe/trèfle vs un mélange de plantes herbacées non graminoïdes dans l’Expérience 1, et herbe/trèfle vs chicorée sauvage dans l’Expérience 2. En 2005, une troisième expérience (130 jours) a été menée avec six troupeaux de 26 poules et un coq. On déplaçait régulièrement les troupeaux entre les diverses zones qui offraient herbe/trèfle, pois/vesces/avoine, lupins et quinoa.

On a traité l’ingestion d’herbe, en se servant des résultats d’une méthode basée sur les peuplements de graminées et de la quantité d’herbe relevée dans les jabots des poules abattues le soir même. Les résultats indiquent que les poules consomment une quantité considérable d’herbe quel que soit le type de fourrage et le type d’aliments complémentaires, même si on a constaté que les poules à l’alimentation limitée en nutriments (LN) présentaient une consommation de 50 % supérieure.

L’ingestion d’herbe/trèfle peut être de 10 g à 30 g/poule/jour pour les poules dont l’alimentation n’est pas limitée en nutriments (SLN) et de 20 g à 40 g/poule/jour pour les poules LN. Cependant, les poules qui cherchaient leur nourriture dans les parcelles de chicorée semblent bénéficier de la recherche de nourriture avec une ingestion près de deux fois plus importante de ce fourrage que de celui d’herbe/trèfle.

On a traité la question du choix de la nourriture à l’aide du contenu des jabots et on a procédé à des analyses microhistologiques des fientes. Les analyses du contenu des jabots indiquent que le choix des aliments diffère en fonction du type d’aliments complémentaires. Ainsi, les jabots des poules nourries au blé contenaient davantage de matière végétale, de fines particules de roches et de débris de coquilles d’huîtres, et moins de graines que ceux des poules nourries aux concentrés.

De plus, les poules nourries au blé ont choisi en priorité les vers de terre et les larves même si la quantité de ce type d’aliment a semblé diminuer après quelques jours dans un type donné de végétation à explorer. Ce n’est qu’à un degré faible que le type de fourrage a influé sur la quantité individuelle des différents aliments dans les jabots, bien que l’expérience avec la rotation de cultures a indiqué une ingestion plus grande de graines de quinoa que de graines de lupin ou de pois/vesces/avoines.

Dans l’Expérience 1 les analyses microhistologiques des fientes ont indiqué chez les poules LN une présence sensiblement plus grande d’herbe Elytriga repens, tandis que les poules SLN avaient consommé davantage de trèfle blanc (Trifolium repens).

De plus, dans les parcelles avec le mélange de plantes herbacées non graminoïdes, les indices de choix ont semblé indiquer que les poules donnaient priorité aux espèces végétales plus près du sol, puisqu’on a noté des indices positifs de choix en faveur des herbes Elytriga repens et Lolium perenne ainsi que pour le trèfle Trifolium repens.

On a noté des indices négatifs de choix pour les espèces végétales beaucoup plus hautes comme Fagopyrum esculentum et Phacelia tanacetifolia. On évalue la contribution possible de l’énergie métabolisable, lysine, (-)-méthionine et calcium, du fourrage à partir des besoins pour des poules pondeuses et des résultats sur la productivité.

On a évalué qu’après une période d’adaptation, les poules, peu importe le type d’aliments complémentaires consommé, peuvent consommer jusqu’à 0,25 MJ EM de leurs besoins de EM pour les activités de recherche de nourriture; sans doute un peu plus pour les poules LN à cause des plus grandes activités de recherche.

De plus, on a estimé que la zone où elle cherchaient leur nourriture avait fourni en moyenne 70 % des besoins des poules LN d’après les normes alimentaires sur la lysine et la (-)-méthionine, et près de 25 % de leurs besoins en calcium. Les poules nourries de concentrés étaient comblées sur ces plans par les aliments complémentaires.

On traite de la production dans des systèmes axés sur les activités de recherche de nourriture. À court terme, les poules LN affichaient une baisse de production en œufs, sauf pour les poules qui cherchaient leur nourriture dans la chicorée. D’autre part, on a relevé une tendance à produire des jaunes d’oeufs plus sombres et plus rouges lorsque les poules exploraient les parcelles de chicorée.

Également, la MS d’albumine était plus élevée dans les oeufs des poules cherchant leur nourriture dans la chicorée. Les paramètres sur les coquilles d’oeufs non pas été modifiés par le type de fourrage ou le type d’aliments complémentaires, ce qui semble indiquer que les poules LN obtenaient la quantité requise de calcium dans les coquilles d’huîtres et les matières qu’elles exploraient.

Après une période d’adaptation, les poules LN ont eu une bonne production dans un système de rotation de cultures, puisque leur taux de ponte était comparable à celui des poules SLN. Le poids des œufs et le poids corporel étaient inférieurs chez les poules LN, mais ils ont augmenté vers la fin de l’expérience.

Généralement, les poules nourries au blé entier consommaient moins d’aliments complémentaires, même si on a constaté une augmentation de l’ingestion de ce type d’aliments après quelques semaines.

À la fin de l’expérience, on a noté des gésiers sensiblement plus gros chez les poules nourries au blé que chez celles nourries aux concentrés. Les effets de la productivité et de l’ingestion d’aliments complémentaires se reflétaient dans l’équilibre N et P; les surplus de N et P étaient beaucoup plus faibles chez les poules LN. On a noté que le bien-être des poules dans les systèmes axés sur la recherche de nourriture était excellent quel que soit le type d’aliment complémentaire.

On a conclu que les souches de poules pondeuses les plus productives peuvent consommer des quantités considérables d’herbe et que la recherche de nourriture peut leur apporter des nutriments importants. La chicorée et le quinoa semblent prometteurs, de même que l’accent sur les vers de terre qui offre du potentiel. De plus, il semble possible de baisser les taux de certains importants nutriments dans les aliments complémentaires, si du bon fourrage est accessible et si le système de production est axé sur le bien-être des volailles. On suggère un système de rotation de cultures.


Complete Ph.D. Thesis (PDF, 593 kb)


English


Publication : avril 2008

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