
L’âge des feuilles comme facteur de risque dans la contamination
de la laitue à Escherichia coli O157:H7 et Salmonella
enterica
M. Brandl et R. Amundson
Résumé explicatif
On établit de plus en plus souvent des liens entre les flambées
d’infections à Escherichia coli O157:H7 et les légumes-feuilles
dont notamment la laitue. Nous présentons ici les premières
données prouvant que cet agent pathogène entérique
peut se multiplier sur les feuilles de laitue romaine et que sa croissance
sur celles-ci avant et après la récolte est liée
à l’âge des feuilles. La taille de la population de
bactéries a été systématiquement environ 10
plus élevée sur les jeunes feuilles internes que sur les
feuilles intermédiaires.
Des observations similaires ont été faites avec Salmonella
enterica. L’analyse élémentaire des éléments
nutritifs présents dans les feuilles de laitue à différents
âges a montré que les jeunes feuilles présentent des
taux plus élevés tant d’azote total que de carbone
que les feuilles du milieu. D’autre part, la croissance de E.
coli O157:H7 sur les feuilles du milieu a été accrue
par une supplémentation azotée, ce qui ne fut pas le cas
avec un apport de glucose. Ceci indique que la colonisation des feuilles
de laitue intermédiaires par l’agent pathogène dépend
de l’azote.
Les résultats de notre étude semblent indiquer que les
jeunes feuilles peuvent constituer un facteur de risque plus élevé
de contamination des laitues que les feuilles du milieu. Cette donnée
devrait être prise en compte dans les procédures d’échantillonnage
pour la détection d’agents pathogènes entériques
sur la laitue ainsi que dans les études scientifiques sur les stratégies
de contrôle et de désinfection.
Résumé technique
De plus en plus souvent, on établit des liens entre les flambées
d’infections à Escherichia coli O157:H7 et les légumes-feuilles,
particulièrement la laitue. Nous présentons ici les premières
données prouvant que cet agent pathogène entérique
peut se multiplier sur les feuilles de laitue romaine. Le taux d’accroissement
de la population de bactéries E. coli O157:H7 dans la
phyllosphère (flore d'origine microbienne que l'on retrouve sur
les feuilles) des jeunes plants de laitue, qui allait de 16 à 100
par temps chaud et en présence d’eau sur les feuilles, a
sensiblement varié selon l’âge de ces dernières.
La taille de la population de bactéries a été de
façon constante environ 10 plus élevée sur les jeunes
feuilles internes que sur les feuilles du milieu.
Dans le même ordre d’idées, les taux de croissance
de Salmonella enterica et de la microflore bactérienne
naturelle ont également dépendu de l’âge des
feuilles. Ces deux agents pathogènes entériques ont en outre
présenté des populations plus élevées sur
les jeunes feuilles que sur les feuilles du milieu, lors de prélèvements
effectués sur des pommes de laitue à maturité --
ce qui semble indiquer que l’âge des feuilles influe sur leur
colonisation bactérienne avant comme après la récolte.
L’analyse élémentaire des exsudats recueillis à
la surface des feuilles de différents âges a révélé
que lorsqu’ils provenaient de jeunes feuilles, ils étaient
respectivement 2,9 et 1,5 fois plus riches en azote total et en carbone
que les exsudats des feuilles intermédiaires. Cette tendance reproduisait
la teneur en azote et en carbone du tissu foliaire. Une application de
nitrate d’ammoniaque – mais pas de glucose – sur les
feuilles du milieu a augmenté notablement la croissance de E.
coli O157:H7, ce qui donne à penser qu’un taux d’azote
faible limite sa croissance sur ces feuilles.
Nos résultats indiquent que l’âge des feuilles et
la teneur en azote contribuent à l’état des colonies
bactériennes sur les laitues avant et après la récolte,
et que les jeunes feuilles pourraient être associées à
des risques plus élevés de contamination à E.
coli O157:H7.
Source
Applied and Environmental Microbiology (2008) 74: 2298-2306.
English
Publié en avril 2009
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