
Innovation dans le domaine de l'agriculture en Ontario :
Résultats de la recherche sur l'agriculture biologique
Alison Blay-Palmer, Université de Waterloo
Dans le cadre de cette étude, plus de 30 intervenants de la communauté
agricole biologique ont été interrogés. Nous avons
discuté des influences qu'ils subissent alors qu'ils tentent d'innover.
Comme l'innovation constitue l'un des principaux moteurs de tous les secteurs
d'activité, il est important de comprendre comment nous pouvons
améliorer le contexte entourant les efforts d'innovation. Des entrevues
ont été effectuées auprès de producteurs,
de distributeurs, fournisseurs et différentes personnes appartenant
à l'Université de Guelph, à des ONG et au gouvernement.
Merci à tous ceux qui ont participé à cette étude.
Voici ce que ces participants avaient à dire à propos de
l'innovation dans le secteur biologique.
Pratique de l'agriculture au Canada
- Les agriculteurs et la production alimentaire ne sont pas appréciés
à leur juste valeur au Canada.
- Bien que les consommateurs canadiens découvrent les produits
biologiques, nous sommes en retard sur l'Europe. La mise en place de
programmes d'éducation des consommateurs a été
suggérée pour améliorer le degré de connaissances
des consommateurs et afin de réduire la distance mentale et physique
entre les consommateurs, leurs aliments et les producteurs.
Réseautage
- Nous avons besoin de meilleurs réseaux pour relier les membres
de la communauté biologique et contribuer au partage de l'information.
On a mentionné à plusieurs reprises la conférence
biologique annuelle de Guelph, la COG (Canadian Organic Growers) et
la EFAO (Ecological Farmers Association of Ontario) comme étant
des organisations qui fournissent d'importantes occasions de réseautage
pour tous les membres de la communauté biologique.
Mise en marché des produits
- La pression exercée par le prix des produits biologiques d'importation
limite la marge de manuvre des producteurs biologiques canadiens
en matière d'innovation.
- Une amélioration de la chaîne d'approvisionnement aiderait
les produits à atteindre les marchés.
Soutien à l'agriculture
- Les agriculteurs biologiques, qui prennent soin de la terre, doivent
recevoir une aide financière.
- Il est nécessaire d'égaliser les chances entre l'agriculteur
biologique et conventionnel. Plusieurs éléments contribuent
à cette iniquité et subventionnent l'agriculture conventionnelle,
dont les charges fiscales, l'accès à la recherche et la
politique " d'aliments bon marché ".
- Nous avons besoin de financement pour la recherche fondamentale, attribué
selon des politiques moins dépendantes de contributions équivalentes.
- Il est nécessaire d'effectuer davantage de recherche pour mettre
au point de nouvelles variétés, et comprendre les variables
qui influencent la production biologique.
Brevets et OGM
- Comme les brevets limitent l'accès aux variétés,
ils limitent par le fait même la capacité des producteurs
à cultiver une variété de plantes.
- Les OGM représentent une menace à l'intégrité
génétique de certaines espèces. Les OGM ont réduit
l'éventail de plantes qui peuvent être cultivées
dans certaines régions.
Réglementer ou ne pas réglementer ?
- La certification peut améliorer le potentiel qu'offrent les
marchés en augmentant la confiance envers nos produits, tant
localement qu'internationalement.
- Certaines réglementations gouvernementales sont inutilement
onéreuses, particulièrement pour les petites exploitations.
Où s'en va le mouvement biologique ?
- Comme que la demande dépasse encore largement l'offre, on observe
une bonne coopération au sein de la communauté. Il est
nécessaire de songer à l'attitude que voudra adopter la
communauté biologique face à d'éventuels scénarios
qui peuvent, entre autres, se manifester dans un environnement plus
concurrentiel.
- On observe des divergences sur la direction que devrait prendre le
mouvement. La question du rôle de l'agriculture institutionnalisée
a été soulevée à plusieurs reprises au cours
des entrevues. Les scénarios possibles envisagés incluent
:
- Faire affaire avec les gros détaillants, car ils offrent
des canaux de distribution stables.
- Continuer à développer en priorité les marchés
locaux, car ils permettent un contact plus étroit entre les
consommateurs et les producteurs.
- Profiter des occasions croissantes offertes par l'exportation.
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