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La rotation des plantes vivaces réduit l’érosion
Conventionnel c. biologique

Une étude de l’Université du Manitoba a permis de mesurer l’érosion dans les deux systèmes

Par Alison Nelson et Jane Froese
Département de phytologie, Université du Manitoba

Selon une étude de recherche récente effectuée à l’Université du Manitoba, le risque d’érosion du sol peut être réduit en choisissant une rotation des cultures qui comprend des plantes vivaces ou de l’engrais vert. L’étude de deux ans effectuée par le département de phytologie a permis de comparer le risque d’érosion du sol dans des fermes biologiques et conventionnelles d’un peu partout au Canada. L’agriculture biologique se répand de plus en plus au Canada, mais on sait peu de choses sur les impacts environnementaux de ce système d'exploitation agricole. Les fermes biologiques utilisent des pratiques culturales différentes des fermes conventionnelles, notamment en misant davantage sur le travail du sol et l’engrais vert pour contrôler les mauvaises herbes. Puisqu’elles ont recours au travail du sol plus fréquemment que les fermes conventionnelles, les fermes biologiques ont été accusées d’accroître le risque d’érosion du sol.

En ce qui concerne notre étude, nous voulions répondre à la question suivante : Est-ce que les fermes biologiques présentent un risque d’érosion du sol plus élevé que les fermes conventionnelles? Nous espérions identifier les pratiques culturales qui pourraient être utilisées par les fermes biologiques et conventionnelles pour protéger leur sol contre l’érosion. Cette étude n’a pas tenu compte de la culture sans travail du sol, une pratique culturale connue pour aider à prévenir l’érosion puisque ce système comprend l’utilisation de pesticides pour contrôler les mauvaises herbes, ce qui n’est pas une option pour les producteurs biologiques.

Notre étude a permis d’examiner des échantillons de sol analysés dans le cadre d’études à long terme pour comparer les systèmes d'exploitation agricole biologiques et conventionnels. Pour s’assurer que les résultats reflètent les situations agricoles actuelles, des échantillons de sol ont également été prélevés dans des fermes biologiques et dans des fermes conventionnelles voisines dans les Prairies, l’Ontario et les Maritimes. Les échantillons de sol ont été analysés pour déterminer la stabilité du sol, mesurée par une répartition granulométrique de l'agrégat sec et humide, et la teneur en carbone organique, un facteur connu pour aider à protéger le sol contre l’érosion, mesuré en utilisant la méthode du tube à digestion. Premièrement, nous voulions savoir si l’exploitation des fermes biologiques augmente effectivement le risque d’érosion du sol. En fait, nous avons découvert que les niveaux de risque d’érosion associés aux fermes biologiques et conventionnelles étaient similaires. Les systèmes biologiques avaient tendance à afficher des niveaux légèrement inférieurs de carbone organique dans le sol, probablement parce que les fermes biologiques travaillent davantage le sol. Cependant, malgré ces différences en matière de niveaux de carbone organique, on n’a pas observé de différence en ce qui concerne la stabilité du sol entre les fermes biologiques et conventionnelles. Cela signifie que même si les systèmes biologiques n’affichaient pas un niveau aussi élevé de carbone organique dans le sol comparativement aux systèmes conventionnels, les sols organiques étaient tout aussi résistants aux forces d’érosion.


Facteurs clés liés aux plantes vivaces

Notre prochaine étape consistait à comparer les fermes qui effectuaient la rotation des plantes vivaces aux fermes qui effectuaient uniquement la rotation des cultures annuelles afin de déterminer s’il y a une différence quelconque au niveau du risque d’érosion du sol. Nous avons découvert que la rotation des cultures avait un effet plus prononcé sur le risque d’érosion du sol que la méthode de gestion de la ferme (ferme biologique ou conventionnelle). Les fermes qui effectuaient la rotation de plantes vivaces affichaient des niveaux de carbone organique au moins 33 % plus élevés que les fermes qui effectuaient uniquement la rotation de cultures annuelles.

Contrairement aux résultats de la comparaison entre les fermes biologiques et conventionnelles (où la différence de niveau de carbone organique ne permettait pas d’observer une différence en matière de risque d’érosion du sol), les fermes qui effectuaient une rotation de plantes vivaces affichaient également une résistance beaucoup plus élevée à l’érosion hydrique. Les niveaux supérieurs de carbone organique aideront à réduire le risque d’érosion du sol, et ils amélioreront d’autres propriétés du sol, comme l’état d'ameublissement et le cycle des substances nutritives dans le sol. La rotation des plantes vivaces est une bonne chose!

Ces résultats n'ont rien d'étonnant puisque les avantages liés à la rotation des cultures sont connus depuis longtemps. Après une réduction totale du travail du sol, la rotation des cultures est probablement l’outil le plus efficace des agriculteurs pour prévenir l’érosion du sol. La rotation des plantes vivaces et de l’engrais vert aide à construire la structure du sol et à accroître les niveaux de carbone organique. Puisqu’on compte plus de fermes biologiques que de fermes conventionnelles qui effectuent une rotation des plantes vivaces et de l’engrais vert, on commence à penser qu’il est logique de constater peu de différence entre les fermes biologiques et conventionnelles en ce qui concerne le risque d’érosion. Alors que les fermes biologiques travaillent plus le sol que les fermes conventionnelles, ces fermes ont également tendance à effectuer davantage la rotation de cultures régénératrices du sol.

Notre conclusion? Les systèmes biologiques ne présentent pas nécessairement un risque d’érosion du sol plus élevé que les systèmes conventionnels. De plus, les fermes qui effectuent une rotation de plantes vivaces ou d’engrais vert, qu’il s’agisse de fermes biologiques ou conventionnelles, aident à protéger leur sol contre l’érosion éolienne et hydrique.


Cette recherche a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et par le Centre d’agriculture biologique du Canada. Cet article a d’abord été publié dans le Farmers' Independent Weekly. Le CABC remercie sincèrement les intervenants responsables d’avoir autorisé la publication de cet article dans le présent document.


Personne-ressource
Jane Froese
Professeure adjointe en systèmes d'exploitation agricole
Département de phytologie
Université du Manitoba
Winnipeg (Manitoba)
R3T 2N2 Canada
Téléphone : 1-204-474-6504
Télécopieur : 1-204-474-7528


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Publié en avril 2007

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