
Alimentation renouvelable des porcs en élevage biologique : utilisation
des sous-produits de la transformation des aliments
S. Wlcek et W. Zollitsch
Résumé
Vu que la préservation des cycles des éléments nutritifs
est l’un des objectifs les plus importants en agriculture biologique,
cette étude porte sur le recyclage des sous-produits de l’industrie
de transformation des aliments bios dans la production porcine biologique.
Ses auteurs ont plus particulièrement tenté d’évaluer
cette source d’éléments nutritifs sur le plan de la
réduction de la carence protéinique dans l’alimentation
des porcs biologiques.
Des questionnaires sectoriels ont été envoyés à
321 entreprises autrichiennes de transformation alimentaire biologique.
Les données recueillies ont servi à évaluer, par
catégories, la quantité totale de sous-produits disponibles.
On a également procédé à l’analyse immédiate,
à l’analyse des AA et à l’analyse minérale
des différents sous-produits. Ces données, combinées
à celles concernant les quantités disponibles des sous-produits
respectifs, ont permis de déterminer les quantités d’éléments
nutritifs potentiellement recyclables dans l’alimentation des porcs.
Annuellement, 2 400 t de son de blé, 990 t de son de seigle et
1 300 t de déchets de triage des graines de semence entrent d’ores
et déjà dans l’alimentation de divers animaux d’élevage.
Les quelque 510 t de pains rassis qui sont jetés aux ordures chaque
année pourraient constituer une source d’aliments hautement
nutritifs dans l’élevage porcin, une fois résolus
les problèmes de collecte.
L’étude souligne l’existence de quantités
considérables d’autres sous-produits à forte teneur
énergétique : près de 11 000 t (soit 2000 t de matière
sèche) de pommes de terre de qualité alimentaire pour le
bétail sont compostées –– d’où
un gaspillage de 27 000 gigajoules d’énergie métabolisable.
Ces pommes de terre pourraient être mieux employées et constituer
une source d’apport alimentaire pour près de 12 300 porcs.
D’autre part, près de 12 900 t de lactosérum de lait
biologique sont jetées, alors que ce sous-produit pourrait nourrir
autour de 14 000 porcs. Les sous-produits à haute teneur en protéines
sont rares.
Annuellement, des tonnes de sous-produits sont issus de la pression d’oléagineuses
biologiques comme les graines de citrouille (80 t de déchets) et
les graines de tournesol (63 t). De très faibles quantités
d’okara (pulpe égouttée des haricots de soya lors
de la fabrication du tofu) et de babeurre sont disponibles. Seuls 4 %
des besoins protéiniques et 5% des besoins en lysine des porcs
actuellement élevés dans des fermes biologiques en Autriche
pourraient être couverts par des sous-produits à haute teneur
en protéines.
Pourtant, le rejet des pommes de terre de qualité alimentaire
pour le bétail correspond à des pertes de 18 % en protéines
brutes, 18 % en lysine et 26 % en énergie métabolisable
de l’apport d’éléments nutritifs total disponible
et issu de sous-produits biologiques.
Source
Renewable-Agriculture-and-Food-Systems, vol. 19, no 3, 2004, p. 159-167.
Information, personne-ressource
Division of Livestock Sciences, Department of Sustainable Agricultural
Systems, BOKU-University of Natural Resources and Applied Life Sciences
Vienna,
Gregor Mendel-Str. 33, A-1180 Vienna, Austria.
Courriel : werner.zollitsch@boku.ac.at
IS: 0889-1893
UD: 200411
AN: 20043172916
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