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Nématodes gastro-intestinaux dans les élevages biologiques d’ovins et mesures renouvelables de lutte contre les parasites

A. Mederos1,2, A. Peregrine3, S. Fernández1,3, P. Menzies2, J. VanLeeuwen4, D. Kelton3 et R. C. Martina

Résumé
Élevés en pâturages, les moutons sont généralement infestés par des nématodes gastro-intestinaux (NGI).

À l’échelle internationale, l’industrie ovine fait face à un problème de plus en plus grave qui limite la production – la résistance des principales espèces de NGI à tous les types d’anthelminthiques. À cause de cela, la production ovine a presque cessé dans certaines régions. Les producteurs des fermes classiques doivent donc adopter de nouvelles méthodes de lutte, si l’on veut que la production ovine ait un avenir.

Dans le même ordre d’idée, depuis que l’industrie ovine a opté pour la production biologique, des méthodes de remplacement doivent être adoptées afin de prévenir de graves problèmes de santé causés par le parasitisme gastro-intestinal.

Pour prodiguer des conseils éclairés sur des méthodes de lutte de remplacement, nous avons besoin de connaissances approfondies sur l’épidémiologie des NGI au Canada - malheureusement, aucun travail n’a été effectué dans ce domaine depuis plus de 40 ans. Pour s’attaquer à cette question, une étude de 3 ans a été menée dans 32 fermes ovines (23 en Ontario, 9 au Québec) qui n’utilisaient pas de vermifuges ou à de très faibles taux.

Au cours de trois saisons de pacage (2006-2008), l’étude a porté sur 10 brebis adultes et 10 agnelles dans chaque ferme; des échantillons de fientes et de pâturages ont été recueillis chaque mois de chaque animal; on a recueilli des échantillons de sang deux fois par année.

Les paramètres cliniques suivants ont aussi été suivis : note d’état corporel, indice de diarrhée (salissure de la laine), anémie et consistance des matières fécales. Pour obtenir des renseignements sûrs sur les espèces de parasites infestant les moutons, on a effectué la nécropsie d’agneaux provenant de 7 fermes. Des données sur les pratiques de gestion qui influent sur les infestations de NGI ont été également recueillies.

Les conclusions les plus significatives de l’étude sont les suivantes : 

  • On a dépisté des NGI dans toutes les fermes, tout au long de l’étude. Cependant, selon les fermes, il y a eu de grandes variations de la charge parasitaire dans les animaux et dans les pâturages. En général, l’époque de l’année où les comptes d’oeufs dans les fécès (COF) étaient les plus élevés différait entre les brebis et les agnelles : les COF des brebis atteignaient des pics au printemps (avril-mai), tandis que les COF des agnelles étaient les plus élevés en été (juillet-août). Ceci indique que les brebis jouent un rôle significatif dans la contamination des pâturages en début de saison de pacage. Conséquemment, les brebis qui mettent bas au printemps devraient recevoir des anthelminthiques à titre préventif au moment de l’agnelage; et les agnelles de ces fermes devraient être traitées à l’âge de 4 à 8 semaines. Les résultats indiquent également que la surveillance annuelle des COF devrait se faire en mai pour les brebis et en juillet pour les agnelles.
  • Les espèces les plus fréquentes de NGI diagnostiquées par examen des échantillons de fientes et de pâturages étaient Trichostrongylus, Teladorsagia et Haemonchus. Donc, l’information sur la lutte antiparasitaire chez les ovins venant de parties du monde où Haemonchus prédomine (p. ex. Sud des É.-U.) n’est pas forcément appropriée à l’Ontario et au Québec.
  • L’épandage de fumier sur les pâturages durant l’année précédente augmente les risques de parasitisme – les données de la présente étude ont servi à établir un schéma de pratiques de gestion agricole puis un modèle informatisé afin de déterminer le niveau prévu de parasitisme chez les agnelles au cours d’une saison.
  • La comparaison des prévisions du modèle aux données factuelles a montré que dans la plupart des fermes de l’Ontario, les valeurs étaient généralement très semblables et que le modèle a été en mesure de prévoir relativement bien les COF pour les saisons de pacage 2006 et 2007. Lorsque les prévisions modélisées se sont avérées inexactes, on a pu déterminer que cela a été causé avant tout par des conditions météorologiques exceptionnelles et des différences extrêmes dans les pratiques d’élevage. Des travaux plus poussés avec ce modèle devraient permettre la mise au point d’un outil de gestion des parasites à l’intention des producteurs et de leurs vétérinaires.

Les retombées positives de cette étude pour la production ovine seront une réduction des coûts de médicaments et de main-d’oeuvre, une productivité améliorée liée à un recul des taux de maladies, une diminution des risques de résistance aux anthelminthiques, un plus grand bien-être des ovins puisque moins malades et l’application de principes scientifiques éprouvés à la production durable d’ovins biologiques.


Source
Final project summary report to Natural Sciences and Engineering Research Council (NSERC), July 2009


(1) Organic Agriculture Centre of Canada, Nova Scotia Agricultural College, Truro, NS;
(2) Dept. of Population Medicine, Ontario Veterinary College, University of Guelph, Guelph, ON;
(3) Dept.of Pathobiology, Ontario Veterinary College, University of Guelph, Guelph, ON;
(4) Dept. of Health Management, Atlantic Veterinary College, Charlottetown, PEI


English


Affiché en mai 2010

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