
Prendre le parti de la pérennité : comment redorer le blason
des grandes sociétés pharmaceutiques
Irena Knezevic
Université York, iknez@yorku.ca
Les grandes sociétés pharmaceutiques ont largement tiré profit des produits
qui favorisent les monocultures à grande échelle, c'est bien connu. Bien
que les OGM constituent une menace pour l'agriculture biologique, la progression
de la valeur des titres dans le secteur pharmaceutique reflète également
les ventes d'une multitude de pesticides, d'engrais de synthèse et autres
produits du genre. Cela dit, cette menace dépasse le cadre strictement
physique. En effet, il est pratiquement impossible de faire concurrence,
sur le plan économique, aux géants pharmaceutiques, lesquels dépensent
des sommes colossales pour présenter leurs produits comme des produits
pérennes, nourrissants et disponibles en abondance.
Le présent ouvrage traite des sommes consacrées par les sociétés pharmaceutiques
aux relations publiques qui, outre les communiqués et les publicités,
incluent d'autres activités comme les groupes de façade factices et le
financement « éducatif ». Les cabinets de relations publiques
sont parmi les sociétés les plus lucratives en Amérique du Nord. Bien
que ce secteur soit soumis à des normes éthiques, l'éthique est bien souvent
reléguée au bas de la liste des priorités dans la pratique. En fait, le
secteur des relations publiques a grandement favorisé la réussite financière
des grandes sociétés pharmaceutiques en créant une image fallacieuse de
ce secteur. Certaines des stratégies déployées pour ce faire incluent
le financement de groupes communautaires et de groupes de consommateurs
fictifs, l'organisation de manifestations bidon et la manipulation des
médias par le versement d'honoraires publicitaires. Par ailleurs, les
dons fort généreux versés à des universités et à des centres de recherche
ont grandement contribué à orienter la recherche dans un sens bien précis.
Nous mettons en évidence le contraste qui existe entre l'image ainsi
véhiculée par les sociétés pharmaceutiques et les impacts réels de la
production pharmaceutique et alimentaire sur la santé de l'homme et de
l'environnement, les droits des consommateurs, la liberté universitaire
et la survie de la production alimentaire non industrielle dans ce qu'on
appelle aujourd'hui à tort le « marché libre ». Des données
non scientifiques sont également analysées dans le but d'illustrer certains
de ces problèmes.
Texte intégral
(In English)
Source
Colloque de recherche en sciences sociales. Guelph, Ontario. January 2006
English
Publié en avril 2007
|