
Plantes fourragères tannifères : rendement agronomique,
appétence et efficacité contre les nématodes parasites
du mouton
D.A. Häring, A. Scharenberg, F. Heckendorn, F. Dohme, A.
Lüscher, V. Maurer, D. Suter et H. Hertzberg
Résumé
Les plantes fourragères tannifères peuvent avoir des effets
bénéfiques sur la productivité et la santé
des ruminants (apport protéinique amélioré, protection
contre le météorisme et propriétés antiparasitaires).
Toutefois, les tanins concentrés peuvent également diminuer
leur appétence, leur digestibilité (CUD) et la prise alimentaire
volontaire.
L’objectif de ce projet interdisciplinaire était de dégager
des connaissances fondamentales sur la gestion, l’appétence
et les propriétés antiparasitaires de plantes fourragères
tannifères pour leur utilisation pratique en agronomie, en mettant
l’accent sur leur utilité dans la lutte contre les nématodes
gastrointestinaux en élevage biologique.
Nous avons découvert que Onobrychis viciifolia (sainfoin),
Lotus corniculatus (pied-de-poule) et Cichorium intybus
(chicorée sauvage) convenaient à la culture dans les conditions
tempérées des essais, tandis que Lotus pedunculatus
(lotier des marais) n’offrait pas une concurrence suffisante aux
espèces non semées.
Cultiver des espèces fourragères tannifères mélangées
à Festuca pratensis (fétuque des près) plutôt
qu’en monoculture présentait l’avantage d’augmenter
le rendement en matière sèche totale (MS) (particulièrement
dans le cas des légumineuses tannifères) et de diminuer
les proportions de MS des espèces non semées.
Cependant, à cause de la dilution causée par F. pratensis
qui est non tannifère, les concentrations en tanins des mélanges
étaient nettement plus faible et les fluctuations saisonnières
de ces concentrations étaient plus importantes que les essais de
monocultures.
Par espèce, les concentrations de tanins étaient les plus
élevées chez O. viciifolia, suivi de L. corniculatus
et très faibles chez C. intybus. Au plan de l’appétence,
en fourrage sec, tous les fourrages tannifères se comparaient à
un mélange d’ivraie/trèfle; en ensilage, l’appétence
de O. viciifolia était nettement supérieure à
celle du mélange ivraie/trèfle de contrôle.
L’administration de O. viciifolia séché
ou ensilé à réduit le compte d’oeufs de parasites
dans les fèces des agneaux co-infectés par les espèces
Haemonchus contortus et Cooperia curticei de nématodes
gastrointestinaux.
Nous en concluons que O. viciifolia -- sous forme sèche
ou ensilée -- est la plante la plus prometteuse des espèces
fourragères testées, de par sa commodité de culture,
sa teneur élevée en tanins, sa haute appétence et
ses capacités antiparasitaires.
Source
Renewable Agriculture and Food Systems, no 23(1), p. 19-29 (2007)
English
Publié en novembre 2008
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