Centre d'agriculture biologique du Canada Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC

Maîtrise des mauvaises herbes : technique du faux semis

E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott

Problème
Les producteurs biologiques ont souvent recours au travail du sol pour stimuler la germination de la banque de mauvaises herbes. Une fois que les mauvaises herbes ont émergé, elles peuvent être détruites avant que la récolte ne soit semée, ou au moment des semences. Les semis sont retardés pour laisser le temps aux mauvaises herbes de germer et permettre le travail mécanique. Combien de temps les agriculteurs devraient-ils attendre entre le dernier hersage et les semis ?

Contexte
Le travail du sol au printemps peut être employé tant pour lutter contre les mauvaises herbes que pour préparer le lit de semences. Un passage peu profond de la herse (moins de trois pouces) tôt au printemps contribue à aérer et réchauffer le sol et, de ce fait, stimuler la germination des jeunes plants de mauvaises herbes. Le passage de la herse à roues plombeuses suivant le premier travail du sol raffermit le sol et favorise encore plus la germination des graines de mauvaises herbes. Le hersage devrait ensuite détruire les jeunes pouces de mauvaises herbes tout en conservant autant d'humidité et de résidus de culture que possible. Le second passage de la herse est retardé jusqu'à l’émergence des mauvaises herbes. Les semis peuvent alors être effectués après le second passage de la herse. Cette pratique semble particulièrement efficace pour réduire la banque de mauvaises herbes annuelles d’hiver et celles qui germent tôt au printemps comme le tabouret des champs, la renouée des oiseaux, l’ansérine de Russie, le chardon de Russie, le choux gras, la moutarde sauvage, la folle avoine et le sarrasin sauvage. Retarder les semis peut contribuer efficacement à la maîtrise des mauvaises herbes, mais cela peut affecter le rendement des récoltes en raison des pertes accrues causées par le retard de la moisson, ou de la perte d’humidité dans les sols travaillés. Les semis devraient seulement être retardés assez longtemps pour laisser le temps aux mauvaises herbes d’émerger.

Description de la recherche
L'étude a été effectuée à la ferme de Scott de 1997 à 1999 et à Melfort de 1997 à 2000. Des mauvaises herbes graminées et latifoliées ont été semées tôt au printemps. On a ensuite passé la herse et la herse à roues plombeuses. Du pois fourrager, des lentilles, du canola et du lin ont été semés le même jour, puis un, deux, trois, quatre ou cinq jours plus tard. Notre méthode expérimentale prévoyait un bloc aléatoire complet avec quatre répétitions.

Principales conclusions
Le choix du moment du travail du sol précédent l’ensemencement n'a pas toujours eu d’incidence sur la densité des mauvaises herbes ou le rendement de la récolte. Lorsque cela s’est avéré significatif, on constate qu’il valait généralement mieux semer le plus tôt possible après le hersage. Le moment du travail du sol précédant l’ensemencement a semblé avoir plus d'effet dans les conditions d’humidité plus élevée à Melfort. Cependant, le rendement en pois s’est amélioré à Scott en 1998 lorsque les semis étaient effectués peu après le travail du sol (tableau 1). À Melfort, le rendement en lin a diminué lorsque les semis furent retardés (tableau 1) et les rendements en pois fourrager et en canola ont montré des tendances identiques. Les rendements globaux ont été faibles à Melfort en 1999. Cependant, le rendement en lin a donné des résultats semblables par rapport au moment écoulé entre le travail du sol et l’ensemencement, c'est-à-dire qu’il a été meilleur lorsque les semis ont été faits à l’intérieur d’une journée du dernier passage de la herse (données non montrées dans cet article).

Conclusions
Semer peu après le dernier passage de la herse peut améliorer le rendement. La concrétisation de cette amélioration dépend probablement de la synchronisation de la disponibilité de l'humidité pour la germination des mauvaises herbes avant les semis de l’espèce cultivée, et des conditions qui permettent à celle-ci de bien croître.

Sources de financement
Fonds d'innovation en agroalimentaire Canada-Saskatchewan


English

Haut de la page

© 2011, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)