
Déchets non compostés de laine et de cheveux pour amender
certaines cultures à fort rapport économique
Valtcho D. Zheljazkov1*, Glenn W. Stratton2 et Tony Sturz3
Résumé
L’hypothèse de départ de ce travail était que
la laine de mouton et les cheveux humains non compostés pouvaient
être utilisés comme source d’éléments
nutritifs dans la culture de plantes non alimentaires à fort rapport
économique.
Des essais de culture en pots et au champ ont été menés
en vue d’évaluer la valeur des déchets de laine et
de cheveux non compostés comme source de nutriments en culture
de plantes (non destinées à la consommation) à fort
rapport économique, ainsi que l’impact de ces matières-déchets
sur la communauté microbienne du sol et les symbioses mycorhiziennes.
Au cours des expériences menées en pots, l’apport
de déchets de laine ou de cheveux non compostés au sol a
accru les rendements de souci officinal (Calendula officinalis L.)
et de valériane officinale (Valeriana officinalis L.).
Dans les expériences en plein champ, on a amendé le sol
de cultures de digitale pourpre (Digitalis purpurea L.) avec des déchets
de laine à des taux de 0, 15, 8 et 31,7 t/ha–1. Le facteur
d’augmentation du rendement des digitales au cours des deux saisons
subséquentes allait de 1,7 à 3,5 comparativement à
la parcelle de contrôle Globalement, l’apport de déchets
de laine ou de cheveux au sol a accru NH4–N et NO3–N du sol,
en plus d’augmenter la teneur totale en N (et en protéines)
dans les tissus végétaux, et de stimuler la biomasse microbienne
du sol.
Les analyses par microscopie électronique à balayage (MEB)
et par rayons X à dispersion d'énergie ont montré
qu’une partie de la laine et des cheveux dans le sol des essais
en pots et en champs, après deux saisons et plusieurs récoltes,
conservaient leur structure originale, présentaient une concentration
notable en S et un certain niveau de N, et n’étaient pas
encore entièrement décomposés.
Des taux élevés d’apport de laine au sol dans les
essais en champs se sont traduits par des changements dans la composition
de la communauté microbienne tandis qu’à un taux faible,
il n’y avait pas d’impact sur cette communauté par
rapport à la parcelle de contrôle non amendée.
Les résultats obtenus semblent indiquer qu’un apport de
déchets non compostés de laine et de cheveux de seulement
0,33 % par poids de sol auraient des effets positifs sur au moins 2 ou
3 récoltes, sans épandage d’autres fertilisants. Les
déchets de laine et de cheveux peuvent servir de source d’éléments
nutritifs dans des cultures à fort rapport économique.
Source
Agronomy Journal (2008) 100: 1605-1614.
(1) Mississippi State Univ., North Mississippi Research and Extension
Center, 5421 Highway 145 South, Verona, MS 38879, USA
(2) Dept des Sciences environnementales, Collège d’Agriculture
de la Nouvelle-Écosse, Truro, NS, Canada B2N 5E3
(3) Min. de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Aquaculture
de l’IP-É, C.P. 1600, Charlottetown, PE, Canada C1A 7N3
*Auteur-ressource :vj40@pss.msstate.edu
English
Publié en mai 2009
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